Homélie de Monseigneur Delmas – Fête patronale 23 février 2025


24 février 2025

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Dans son Discours sur la Montagne, aussitôt après les Béatitudes Jésus nous livre tout un enseignement sur les relations de miséricorde que nous sommes appelés à vivre avec les autres, et spécialement sur l’amour des ennemis. Et il précise ce qu’il entend par aimer ses ennemis. Cela va très loin et pourtant cela tient en trois mots: faire du bien à ceux qui nous haïssent; souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent; prier pour ceux qui nous maltraitent, c’est-à-dire parler d’eux avec Dieu qui les aime eux aussi.

Puis Jésus, après ces consignes sur l’amour sans frontières, en vient à parler de la non-violence, de la joue qu’il faut tendre, du manteau qu’il faut laisser prendre et des deux mille pas qu’il faut faire, c’est-à-dire du quart d’heure qu’il faut accepter de perdre avec un homme dans la joie ou la peine. Pensons qu’il s’agit d’une œuvre de miséricorde !

Volontiers nous pensons : « ce n’est pas réaliste ! ». Mais précisément, être chrétien, être enfant de notre Père du ciel, c’est accepter d’inverser nos réflexes ordinaires : réflexe du talion, qui nous fait rendre le mal pour le mal, l’agressivité pour un manque d’égards; réflexe du donnant-donnant, du « rien pour rien », reflexes trop humains au sens péjoratif du terme quand nous disons : « c’est humain » !

Etre chrétien, c’est comprendre qu’il ne suffit pas de ne pas faire de mal. Ne pas faire de mal, c’est bien ! Mais ne pas faire le bien, ce n’est pas bon, cela ne convient pas ! Sans ce changement d’attitude, sans ce changement de vie, sans cet héroïsme, pourrait-on dire, nous ne sommes pas fidèles à notre dignité « de fils du Très Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants ». Face au précepte que nous a laissé le Seigneur, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la miséricorde, la gratuité, la vraie, celle qui ne sera connue de personne hormis Dieu.

Les circonstances de la vie nous offrent l’occasion de vivre cette forme de perfection qui peut parfois ressembler à de l’héroïsme et qui peuvent changer le cours des choses. Combien de souffrances, combien de déchirements pourraient être évités si le pardon et la miséricorde étaient notre style de vie. Cela se vérifie dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos relations de voisinage etc…

Notre bienheureux Noël Pinot a vécu cette grande vertu dont Jésus nous parle dans l’évangile de ce dimanche. Au moment de son arrestation, le capitaine des gardes le ligota avec une telle violence que le sang jaillit sous les ongles. Sous la douleur, Noël Pinot réagit et lui dit : « Mon ami, je ne t’ai pourtant fait que du bien ! ».

Au terme de cette homélie, nous pouvons recueillir quelques conseils pour notre vie chrétienne. Ce sont les conseils que nous donne Jésus aujourd’hui. Ce que nous aimerions que les autres fassent pour nous, faisons-le pour eux. Ne jugeons pas et nous ne serons pas jugés, ne condamnons pas et nous ne serons pas condamnés; pardonnons et nous serons pardonnés; donnons et on nous donnera. Au fond, Jésus nous appelle à entrer dans sa vie de Fils du Très Haut. Cela s’appelle la vocation à la sainteté. Amen !